Bolivie: bonne année Aymara / Bolivia: feliz Aymara año!

Hier, 21 juin, on fêtait le Nouvel An Aymara en Bolivie (et le passage à l’année 5525), l’occasion donc d’assister aux cérémonies traditionnelles.
Le Nouvel An correspond au solstice d’hiver, et se célèbre précisément lorsque les 1ers rayons du soleil apparaissent.
Car pendant qu’en France, certains souffrent de la canicule, ici en Bolivie, on vient de passer en hiver et la nuit, il fait jusqu’à -4/-6 degrés. Et je peux vous affirmer que quand on dort dans un endroit non isolé et sans chauffage, les 5 couches de vêtements, le drap de soie, le duvet et les 5 couvertures de l’auberge ne sont pas de trop pour se réchauffer;-)

Bref, la nuit dernière a été une autre de ces nuits où j’ai eu très froid, mais ça valait vraiment le coup!
La cérémonie à laquelle j’ai assisté avait lieu sur les bords du lac Titicaca. Le fameux: celui qui nous a tous fait rire durant nos leçons de géographie au primaire. Mais au moins, j’avais retenu que c’est le lac le plus haut du monde à 3800m.
Récit donc ce 21 juin:
Réveil à 4h20, départ à 4h45, il fait froid mais c’est beaucoup plus supportable qu’au salar d’Uyuni et je suis mieux équipée aussi.
Après environ 1h de bus, on doit finir de gravir la montagne à pied. Et là, j’en bave pas mal: on monte quand même à 4325m! Je mâche donc de la coca et essaie de respirer tant bien que mal malgré mon rhume.
Arrivés la haut, il y a peut-être 250 personnes qui se réchauffent autour de feux, la plupart sont en habits traditionnels, enveloppés dans leurs ponchos colorés, et qui attendent le lever du soleil.
Certaines personnes jouent de la musique traditionnelle (avec des sortes de tambour et flûtes et pipeaux). Les gens mâchent de la coca et en parsèment aussi sur le sol, en offrande à la Pachamama.
Quand le soleil se lève, chacun lève les mains, paumes tournées vers le soleil (comme pour se réchauffer), la musique s’intensifie avec quelques chants, puis chacun se souhaite la bonne année. Le guide nous explique aussi qu’on doit “se débarrasser” quelque chose d’ancien pour faire la place au neuf (ex: se couper la barbe, ou bien laisser partir un ressentiment à l’encontre de quelqu’un…)
Les gens sont adorables, très avenants, nous posent des questions et veulent prendre des photos avec nous et se laissent facilement photographier (contrairement à d’habitude), ils nous offrent de la coca et discutent. Certains ne parlent pas espagnol, seulement Aymara -leur langage traditionnel-, mais leurs yeux et gestes traduisent leurs pensées.
Et ensuite, on admire le paysage sur le lac Titicaca avec les monts enneigés de la cordillera Real et les plaines alentours: c’est magique!
On est 23 dans notre groupe, dont seulement 6 nom Boliviens. Donc je suis bien contente d’avoir choisi cette excursion (très compliqué et pas très sécurisé d’y aller seul) qui n’est pas du tout touristique. Et en plus, cette agence (Titicat Tours) travaille avec en lien avec les communautés locales, donc cela me plait encore plus!

Mes photos de Bolivie

Yesterday, June 21 was the Aymara New Year in Bolivia (we entered the year 5525), and so I attended traditional celebrations. Aymara New Year coincides with the winter solstice.
Yes, I am in the Southern hemisphere, and winter just started. At night, temperatures can go down to 20F. And sleeping in hostels without insolation not heat, I can tell you that I have been pretty cold despite my 5 layers of clothes, sleeping bag and multiple blankets…

Anyway, the night before yesterday was one of these pretty cold nights, but it was totally worth it!
The celebration I saw took place at Titicaca lake (ask any French person: I am pretty sure they know that it is the highest lake on earth. Why? Because the name of the lake sounds like “pee and poo” in French so we would all laugh at school when learning about it. Disclaimer: we were 9 years old, or maybe more 12 actually…)
So, here are the details of my day of June 21:
Wake up at 4.20am, departure at 4.45am: it is cold but not as much as in the Salar de Uyuni, and I am also better equipped. After about 1h by bus, we need to climb by foot to reach the top of the mountain. And this is where it gets tough, as we are climbing very high: 14,190 ft. I chew coca and try to breathe (not very easy with a cold).
At the top of the mountain, there are about 250 people gathered around fires to warm up, wrapped in their colorful ponchos, waiting for the sunrise.
Some people are playing traditional music (with drums, flutes and pipes). People are chewing coca leaves and are spreading some on the ground, as an offer to the Pachamama.
When the sun rises, everyone places their hands towards the sun, music gets louder, some people sing, and everyone wishes feliz año nuevo to each other. Our guide explains us that the tradition is to leave something from the past (like cutting your beard or letting a resentment towards someone) behind to start a happy new year. We take part to the festivities with everyone else.
The people are really nice, interested in knowing more about us, asking to take pictures with us (and for once, they are not shy when we take pictures), they offer us coca leaves and chat with us. Some do not speak Spanish but only Aymara -their traditional language-, but their eyes and gestures translate their minds.
And then, we admire the Titicaca lake from the top, surrounded by the snowy peaks of the Cordillera Real: this is magical!
We are 23 people in our group, and only 6 of us are non Bolivians. So, I am really glad I chose this tour (very complicated and not very safe to go by yourself). Plus, the tour operator (Titicat Tours) works very closely with and supports local communities, so I like it even more!

My pictures of Bolivia 

Bolivie: le plaisir des marchés / The markets in Bolivia

Marché de Santa Cruz

En arrivant en Bolivie, j’ai de nouveau retrouvé l’ambiance des marchés qui me plaisait tant en Asie. Cette ambiance m’avait un peu manquée en Argentine (je n’avais pas vraiment vu de marchés).
Mais à Santa Cruz, puis à Sucre, Tupiza, Potosi, Samaipata (et, j’imagine, dans les prochains endroits que je vais visiter) j’ai retrouvé le marché, le vrai:
Celui qui envahit les trottoirs et déborde sur la route,
Celui qui grouille de personnes, certaines pressées, d’autres -touristes comme moi- un peu paumées,
Celui où l’on peut trouver absolument de tout: des fruits, des brosses à dents, de selles pour chevaux, de la viande…
Celui où il faut faire attention où l’on met les pieds car c’est parfois vraiment cracra par terre
Celui où l’on retient parfois sa respiration en passant devant de la viande à la couleur douteuse,
Celui où l’on en prend plein les yeux, avec les couleurs si variées,
Celui où les femmes (la quasi totalité des stands que j’ai vus sont tenus par des femmes) sont vêtues de l’habit traditionnel,
Celui où l’on entend les marchands crier des prix/ vanter des produits sans comprendre ce qu’ils disent,
Celui où l’on voit aussi malheureusement beaucoup de mendiants, des enfants de 6-7 ans qui jonglent dans l’espoir d’obtenir quelques bolivianos (monnaie locale) aux personnes âgées,
Celui où l’on goûte des aliments inconnus: parfois c’est une belle surprise, parfois c’est un peu plus difficile à avaler,
Celui où l’on s’attable sur un bout de planche recouvert d’un papier plastifié jauni et où l’on mange le plat du jour (sans toujours savoir ce que c’est),
Celui où l’on peut boire de délicieux jus de fruits frais pour 8 bolivianos (1 euro),
Bref, celui qui donne le pouls du pays et permet de mieux découvrir la culture bolivienne: me encantó!!

Mes photos de Bolivie 
When I arrived in Bolivia, I was happy to discover all the markets in every city. This reminded me of Asia.
When visiting Santa Cruz, and then Sucre, Tupiza, Potosi and Samaipata (and I imagine I will see similar markets in the next cities I will visit), I experienced the market, the real one:
That invades the side walks and the roads,
The one full of people, some being in a hurry and others -tourists like me- wandering in the different aisles,
The one where I can buy anything you want: fruits, toothbrushes, meat and horse saddles,
The one where I may have to look down as the floor may be very dirty,
The one where I sometimes hold my breath looking at the meat stalls,
The one where my eyes are obsessed with all these colors,
The one where women (all the stalls I saw were held by women) are wearing their traditional outfit,
The one where I can hear the vendors shout at prices or products without understanding what they mean,
The one where, unfortunately, lots of people are begging, from 6/7yo children who juggle to earn a few bolivianos (local currency) to older people,
The one where I eat unknown food: sometimes I eat happily surprised, sometimes I try to keep smiling while swallowing,
The one where I sit on a wooden beach and eat the “menu del día” on an old plastified tablecloth,
The one where I drink delicious fresh squeezed juices for 8 bolivianos ($1.15).
To sum up, I have been to lots of markets where I could sense the Bolivian culture, and I have loved it!

My pictures of Bolivia

Bolivie: l’art du “bloqueo” / Road blocks in Bolivia

Pourquoi cette photo qui n’a rien à voir avec le titre? Lisez jusqu’à la fin et vous saurez…

Jeudi dernier, on a fait un trajet de nuit de 9h30 en bus (dont 2h d’arrêt au milieu de la pampa pour changer de bus à 1h30 du matin car l’original avait un souci de vitesse et pas assez de puissance pour passer les cols de 4 200 m) pour relier Sucre à Tupiza, au sud ouest de la Bolivie.
Arrivé à Tupiza, le bus s’arrête à 4km du centre. On nous explique qu’il y a un “bloqueo” mais on ne comprend pas bien de quoi il s’agit. On hésite à rester dans le bus en attendant que ça se débloque, mais finalement, on part à pied, et on a bien fait car le barrage dure maintenant depuis 9 jours…

Après discussion avec plusieurs personnes, on comprend que le “bloqueo”, c’est pour exiger une eau potable à Tupiza (40,000 habitants). L’eau provient en effet du Nord de la région de Potosi, région minière qui pollue l’eau (de nombreux cas de cancers de l’estomac).
Donc, depuis une semaine, la ville est paralysée et une bonne partie de la population se relaie pour maintenir le blocus et obtenir de la région que la ville soit rattachée au système d’eau du sud du pays.
Hier, lundi, quand nous avons voulu quitter Tupiza pour rejoindre Potosi, la ville étant toujours bloquée, les bus ne pouvaient toujours pas passer. Nous avons donc imité les locaux, marchant pour sortir de la ville, au delà du bloqueo. Nous avons ensuite attendu durant 1h30 qu’un micro (minivan de 6 personnes) puisse nous emmener à Potosi en un temps record (pas de limitation de vitesse apparemment).

Et la suite? Comment ça s’est terminé? Il devait y avoir des discussions hier lundi entre le gouvernement local et la population pour trouver un accord. Si ce n’était pas le cas, le bloqueo s’intensifierait, plus aucun véhicule ne pourrait circuler, les banques seraient fermées… En cherchant sur le net, je n’ai trouvé aucune info sur le conflit. Je vais donc essayer de suivre l’actualité locale pour connaitre le dénouement, en espérant que la population obtienne gain de cause.

Une chose que j’ai comprise, c’est que les bloqueos sont “monnaie courante” en Bolivie: c’est la façon qu’ont les Boliviens de se faire entendre du gouvernement (l’équivalent de nos grèves françaises en somme), parfois ça marche, mais assez souvent, malheureusement, ça échoue.

Et alors? Pourquoi cette photo de moi sur un cheval? Parce qu’en raison du “bloqueo”, je ne pouvais pas faire d’excursion en jeep -les routes étant bloquées- pour aller explorer les alentours de Tupiza qui, avec leurs cactus et falaises rouges, ressemblent à un décor de Western. La seule solution? Faire une sortie à cheval. J’ai donc bravé ma peur des animaux et j’ai passé un super moment! J’ai même fait du galop (et Laura peut en attester). Vous devez certainement penser que faire une sortie à cheval, c’est banal, mais pour moi qui ai peur des animaux (à chacun ses soucis), c’était un exploit ;-).

Mes photos de Bolivie 

Why did I choose this photo, which has nothing to do with the title? Read until the end to understand.

Last Thursday, we took the night bus from Sucre to Tupiza, South West of Bolivia for 9 hours and 30 minutes, including a 2-hour break in the middle of nowhere. We then had to change bus at 1.30am as the former one had a mechanical problem and was not powerful enough to climb to 13,800ft high.
When we arrived in Tupiza, the bus stopped 2.5 miles away from the bus station. We were told there was a “bloqueo”, ie road block but we did not understand why (it could have been due to an accident). We finally decided not to wait in the bus and walk to the village: that was a smart decision as it started 5 days before we arrived and 9 days later, it is still going on…

After discussing with several people, we understood that the “bloqueo” was a protest from the locals who are demanding clean water. Indeed, at the moment, Tupiza, 40,000 inhabitants, gets water from the North of the Potosi region, where there are lots of mines that pollute water. Several people died of stomach cancer, so the population demands clear water.
Therefore, it has been a week since the city has been blocked and most of the population takes part to the movement so that the region changes things.
Yesterday (Monday), when we wanted to leave the city to go to Potosi, buses could not go through. So, we imitated the locals, walking past the bloqueo, to go outside the city. We then waited for a micro (6-seat minivan) for 1h30 to reach Potosi in no time (the driver clearly ignored the speed limits, if there were any).

And what’s the current situation? How did the bloqueo end up? There were supposed to be discussions yesterday between the local government and the people from Tupiza. If no agreement were found, things would get worse (no more car, no more gaz, no more bank…). I checked online but couldn’t find any information, so I will try to find local newspapers, but I hope the people from Tupiza obtain what they are asking for.

Anyway, I understood that “bloqueos” are quite common in Bolivia. In France, we have the strikes, in Bolivia, they have the bloqueos. Sometimes, it is successful and people get what they want, but it also fails quite often…

And so, why did I post a photo of me on a horse? Because I was supposed to go explore the surroundings of Tupiza yesterday morning in a jeep. The surroundings are similar to a Western movie set (high red cliffs, cactuses…). But, the road being blocked, the car could not leave the city, so the only solution was horseback riding. Therefore, I overcame my fear of animals and went on a 2h30-horseback riding and I actually enjoyed it a lot. I even galloped!! (Laura can testify it is true). For most of you, this may sounds very common, but for a person (me) who is afraid of animals (everyone has their own issues, so no judgment please :-)), I really went out of my comfort zone.

My pictures of Bolivia