Sénégal: mes premiers pas en Afrique / Senegal : my first steps in Africa 

J’ai “abordé” le Sénégal comme n’importe quel autre pays: sans trop me préparer avant, et ce, pour plusieurs raisons:
– mon -trop?- rapide retour en France qui ne m’a pas laissé le temps de me pencher sur le sujet
– l’envie de me laisser surprendre
– le fait de rejoindre Laura, qui vit là bas depuis maintenant 1 an et demi
– le fait de ne pas partir seule cette fois-ci, mais aussi avec Marga et Perrine
Donc, dans ma tête, j’allais me laisser porter par mes vacances. J’étais aussi tombée par hasard sur un reportage télé sur le Sénégal et qui montrait le dynamisme du pays. Et puis, d’après les images que j’avais en tête, le Sénégal était, certes un pays en voie de développement, donc je ne m’attendais pas à du grand luxe, mais dans mon esprit, c’était quand même un pays qui s’en sortait relativement bien. Pour moi, c’était suffisant, je verrais bien le reste sur place.
Mais ça, c’était avant que je ne me rende compte de la VRAIE réalité.

Aujourd’hui, on est lundi, cela fait donc 5 jours qu’on est arrivées au Sénégal, et j’ai seulement réalisé hier (tout comme Perrine et Marga d’ailleurs) que nous sommes bel et bien en Afrique.
Certes, durant nos 2 premiers jour à Dakar, j’avais pu constater:
– le contraste entre quelques buildings flambants neufs et les abris de fortune, les routes fraichement goudronnées et les chemins de terre parsemés de trous
– la chaleur étouffante (37 degrés avec 75% d’humidité) qui pèse lourd sur mes épaules
– les odeurs parfois très fortes
– la pollution: de nombreux tas de plastiques qui jonchent le paysage.
Mais j’avais déjà eu des expériences similaires dans d’autres pays donc je m’y attendais un peu. Et notre nuit dans le désert, dans les dunes de Lompoul, dans un écolodge où l’on entendait seulement les chameaux et oiseaux, était très paisible et donnait donc un goût de vacances.

Mais le “choc” s’est vraiment produit hier, lorsqu’on a visité Saint Louis, ville tout au nord ouest du pays, à la frontière avec la Mauritanie.
En tant qu’ancienne capitale coloniale française, je m’attendais un peu à trouver une ville ressemblant à Pondichery en Inde ou Luang Prabang au Laos: des bâtiments à l’architecture et un air de France avec une saveur locale.
En arrivant à Saint Louis, j’ai certes reconnu l’architecture, mais j’ai surtout été très étonnée du mauvais état des bâtiments.
Pour en savoir plus, on a donc décidé de faire une visite guidée hier, en fin d’après-midi, quand la chaleur devenait plus supportable.
Raza, notre guide, nous a donc conduit en calèche à travers les rues du vieux Saint Louis, nous expliquant la grandeur passée. Ces vieux murs chargés d’histoire seraient certainement très bavards s’ils pouvaient parler. Mais malheureusement, nombre d’entre eux sont quaisment en ruine. La ville a été classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco en 2000 mais les projets de rénovation n’ont débuté qu’en 2008, et vont prendre pas mal de temps…
Puis, nous avons traversé le pont et sommes allés dans le quartier des pêcheurs. Et c’est là que je me suis vraiment sentie mal à l’aise. Tout d’abord, on a emprunté un chemin que je pensais être secondaire car il était en terre et complètement défoncé. Et puis, on passait aussi très près des habitations: j’ai vite compris, en voyant les bus chargés de personnes jusque sur le toit, qu’il s’agissait en fait de la route principale.
Notre guide nous a donc amenées jusqu’au marché de poissons/ la conserverie pour nous expliquer la façon dont le poisson est exploité ici. L’odeur était très prenante et les mouches s’en donnaient à coeur joie. Mais, encore une fois, ce n’est pas ce qui m’a le plus choquée.
Tout le long du trajet, en traversant ce quartier de pêcheurs, on est passé devant beaucoup beaucoup de gens (c’était dimanche et ce sont les vacances scolaires).

J’ai trouvé que les conditions de vie dans lesquelles les gens vivent sont extrêmement dures: leurs habitations sont des bâtiments de brique avec des toits en tôle, la plupart des gens restant dehors, dans la poussière, car il fait trop chaud à l’intérieur. Les chèvres, quand elles ne sont pas attachées à une ficelle de 20cm, vont et viennent dans les habitations. Les charrettes que tirent les ânes passent devant les maisons, et bataillent avec les bus et camions pour se frayer un chemin, tout cela dans une odeur de mazout (évidemment, tous les véhicules sont les vieilles épaves d’Europe -plus du tout aux normes- que les Sénégalais ont recyclés).
J’avais l’impression d’être la reine colon dans son carrosse qui salue la foule, et en même temps, d’être dans un zoo en train de regarder la façon dont vivent les autochtones: cela m’a vraiment mise mal à l’aise.
Mais malgré cela, la plupart des enfants nous criaient “bonjour” en nous saluant de la main, avec le sourire jusqu’aux oreilles.

En revenant sur l’ile qui abrite le vieux St Louis, j’ai tout à coup trouvé cette partie de la ville très propre par rapport à ce que je venais de voir.
Et j’ai de nouveau retrouvé ce sentiment contradictoire et qui me met mal à l’aise, sentiment qui m’a habité dans certains pays que j’ai visités, comme l’Inde, ou bien certaines parties du Laos, Cambodge ou Birmanie:
– la tristesse de voir la misère dans laquelle vit une grande majorité des autochtones
– et en même temps, je dois l’avouer, le soulagement de retrouver notre Airbnb sans odeur, avec une douche et de l’air conditionné…
Je ne m’attendais certainement pas à voir une telle misère. Mais comme me l’expliquait Laura, les Sénégalais n’ont pas la même perception que nous, et vivre à 15 dans une même pièce par exemple est tout à fait normal pour eux.

Donc, comment se passent mes “vacances” au Sénégal? Pour moi, il ne s’agit pas de vacances mais d’une expérience humaine très intense qui requiert beaucoup d’énergie.

Mais, si ce post peut vous paraître assez pessimiste, détrompez vous: je suis, malgré tout, très contente d’être confrontée à cette réalité. Et vivre cette réalité est encore bien plus intense que le quotidien que Laura peut raconter dans son blog. D’ailleurs, en fin de semaine, nous allons passer 2 jours dans son village, dans le sud du pays: j’ai hâte et appréhende un peu en même temps.

Et la prochaine fois, je vous parlerai de la Teranga (hospitalité) qui fait la réputation -tout à fait justifiée- du Sénégal.

Mes photos du Sénégal

I did not really prepare my trip to Senegal for several reasons:
– I only came back to France for a few days, so not much time
– I wanted to be surprised once I would get there
– I was meeting Laura, my friend who has lived there for 1.5 years
– I was not traveling by myself this time, but also with my friends Marga and Perrine.
So, I was planning on going with the flow. Also, I had recently seen a documentary about the new economic dynamism of Senegal. And, according to the cliches I had in mind, Senegal was of course a developing country so I was not expecting much comfort, but I thought it was a country that was doing quite well. So, this prep was enough for me to enjoy my trip, at least I thought it was.

But this was before I realized what the TRUE life in Senegal is.
Today is Monday and we arrived 5 days ago, but I only fully realized yesterday that we are in Africa.
Indeed, during our first 2 days in Dakar, I experienced:
– the difference between brand new buildings and sheltered houses, between brand new roads and dirt unpaved paths with giant holes
– the very hot and humid weather that can be very tiring
– the very strong smells in some areas
– the pollution: plastic dumps all along the way
But unfortunately, I had already experienced this in other countries, so I was not so surprised. And the night we spent in Lompoul desert, in an ecolodge in the sand dunes, a place where we could only hear camels and birds, was very relaxing and it felt like we were on vacation.

But the “choc” occurred yesterday when we visited Saint Louis, the NorthWesternmost city of Senegal, next to the border with Mauritania. As Saint Louis used to be the former capital of the French colony, I was expecting a city similar to Pondichery in India or Luang Prabang in Laos: a French atmosphere and French style architecture with a local flavor.
Well, when arriving in the city, I did recognize the former French architecture, but most of the buildings looked like ruins.
So, in order to know more about the city, we decided to do a guided tour of the city yesterday afternoon.
Raza, our guide, drove us with a horse and wooden carriage through the streets of Old Saint Louis. If the walls could talk, they would surely have great stories to tell. But for now, they are in really bad shape. The city was listed on the Unesco World Heritage in 2000 but renovation works only started in 2008 and it will take a very long time before the city is done with its facelift.

Then, we crossed the bridge to go to the fishermen’s district. And this is where I felt very uncomfortable.
First of all, I thought we took a secondary road as the dirt path we were riding on was nothing but dust and holes. And also, we were very very close to the houses. But when I saw that the bus -full of people, including on the roof- was taking the same path, I understood we were on the main road.
Our guide brought us to the fish market /conserverie to explain us what they do with the fish. Although very interesting, the smell was quite strong and flies were in heaven. But, once again, this is not what shocked me the most…
During the entire crossing of this neighborhood, we saw many many people (it was Sunday and school holidays too). I had the feeling I was a colonizer queen waving at the crowd, and at the same time, I was in a zoo watching at the way animals live. That made me very uncomfortable.
To me, the living conditions of these people are extreme: their houses are made of bricks and metal roofs, they live in dust, in the middle of trash, most of the people stay outside as it is too hot inside. The goats, when they are not attached to a 20cm-string, run in and out of the houses. The donkeys pull heavy wooden carts and need to fight to make their way through buses and trucks. All the vehicles -old cars from Europe- are being recycled by Senegalese people, but they pollute a lot and constantly break down.
When we came back in downtown Saint Louis, I suddenly found this part of town very clean (compared to what I had just seen).

But, despite all of this, most of the children were waving at us and greeting us with some “Bonjour!” or “Asalam Alleikoum” with a wide smile.
And then, I had a feeling similar to the one I had on countries I visited such as India, as well as parts of Laos, Cambodia or Myanmar, a very contradictory feeling:
– I was sad to see the living conditions of these Senegalese people
– and yet, I will admit that I was also relieved to be back to our clean Airbnb where I could take a shower, enjoy the AC and where there was no strong smells
I was certainly not prepared to see such misery… But, as Laura explained to me, Senegalese people do not see things the same way, and for instance, living with 15 people in the same house is not an issue for them.

So, how are my holidays in Senegal going? To me, this is not a vacation but a very intense human experience that requires a lot of energy.
What I wrote may sound pessimistic, but despite everything, I am very happy to live such an eye-opening experience. There is a huge gap between getting Laura’s impressions through her blog and experiencing the country myself.

Next time, I will tell you about what Senegalese people are known for : the Teranga (hospitality).

My pictures of Senegal

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